Desmodium adscendens : la plante, ses usages, notre filière

Guide de référence

Le Desmodium adscendens est une petite plante tropicale devenue en quelques décennies l'une des plantes du foie les plus connues en France. Ce guide rassemble ce que l'on sait de la plante, de sa composition et des recherches qui la concernent, ainsi que la façon dont nous la cultivons et la contrôlons à Madagascar.

1. Une plante tropicale de la famille des Fabacées

Le Desmodium adscendens appartient à la famille des Fabacées, celle des légumineuses comme le trèfle ou la luzerne. C'est une plante vivace, rampante ou légèrement redressée, qui forme des tapis au ras du sol dans les zones chaudes et humides. On la trouve en Afrique de l'Ouest et centrale, en Amérique du Sud et dans l'océan Indien, notamment à Madagascar. Elle est parfois désignée sous le nom de Desmodium procumbens, considéré comme un synonyme. En Amérique du Sud, on l'appelle aussi amor seco.

Ses feuilles sont composées de trois folioles arrondies, d'un vert profond, qui lui donnent l'allure d'un trèfle. Ses fleurs, petites et violacées, laissent place à des gousses découpées en articles qui s'accrochent facilement aux vêtements et au pelage des animaux. Ce sont les feuilles, et plus largement les parties aériennes, qui sont utilisées.

2. D'où vient son nom

Le nom de genre Desmodium vient du grec desmos, qui signifie lien ou attache, en référence aux gousses qui s'accrochent. Le nom d'espèce adscendens, « qui monte », décrit le port des tiges, qui rampent avant de se redresser. Le genre Desmodium compte plusieurs centaines d'espèces, dont plusieurs se ressemblent beaucoup : c'est l'une des raisons pour lesquelles l'identification botanique est un enjeu de qualité majeur.

3. Usages traditionnels et arrivée en Europe

Dans plusieurs pays d'Afrique de l'Ouest et centrale, les feuilles de Desmodium sont utilisées depuis longtemps en décoction par les tradipraticiens, notamment pour accompagner la digestion et le foie. Ces usages, transmis oralement, ont attiré l'attention de médecins européens au XXᵉ siècle.

Le Desmodium a été introduit en France dans les années 1960 par le docteur Pierre Tubéry, qui avait observé son usage au Cameroun et a contribué à en codifier l'emploi. Depuis, la plante a trouvé sa place en phytothérapie, aux côtés du chardon-Marie, de l'artichaut et du radis noir.

4. Ce que contient la plante

Les analyses des parties aériennes du Desmodium adscendens mettent en évidence plusieurs familles de composés. La plus caractéristique est celle des schaftosides.

Les schaftosides, constituants majeurs

Le schaftoside et son isomère, l'isoschaftoside, sont des flavonoïdes particuliers : des flavones di-C-glycosylées, c'est-à-dire de l'apigénine liée à deux sucres par une liaison carbone-carbone, plus solide que la liaison habituelle. Une équipe de l'Université d'Anvers a isolé et identifié par résonance magnétique nucléaire les principaux flavonoïdes d'une décoction de Desmodium adscendens : le schaftoside et l'isoschaftoside en font partie, avec la vicénine-2 et plusieurs dérivés de la vitexine. Les mêmes chercheurs ont montré, dans un modèle de digestion reproduit en laboratoire, que ces flavones C-glycosylées restent stables lors de leur passage dans le tube digestif.

Parce qu'ils sont caractéristiques de la plante, présents en quantité et dosables avec précision, les schaftosides servent de marqueur de qualité. C'est sur eux qu'est standardisée la Desmodéine® : chaque lot contient 5 % de schaftosides.

Les autres familles de composés

  • D'autres flavonoïdes, dont la vitexine, l'isovitexine et leurs dérivés.
  • Des saponosides triterpéniques, dont les soyasaponines, étudiées pour leur rôle dans l'activité de la plante sur les cellules du foie.
  • Des alcaloïdes, notamment des dérivés de la phényléthylamine et de la tryptamine, présents en faible quantité.
  • D'autres composés : polyphénols, tanins, glycosides et sucres, retrouvés dans les extraits aqueux et alcooliques des feuilles.
  • Du D-pinitol, un sucre-alcool présent dans plusieurs légumineuses.

Claudio Baiocchi, Claudio Medana et leurs collègues de l'Université de Turin ont mis au point une méthode d'analyse par chromatographie liquide et spectrométrie de masse pour identifier ces différentes familles dans les feuilles, faute de protocole de contrôle de qualité jusque-là. La teneur de ces composés varie selon l'espèce exacte, le sol, la saison de récolte, le séchage et la conservation. Deux lots de « Desmodium » peuvent donc être très différents, ce qui explique l'intérêt de la standardisation.

5. Ce que dit la recherche

Le Desmodium adscendens fait l'objet de publications scientifiques depuis le début des années 1980. Elles portent sur des cellules en culture (in vitro) et sur l'animal. Voici les principaux travaux, présentés avec leurs résultats, y compris lorsqu'ils sont nuancés.

Les premiers travaux, à l'Université du Ghana

La pharmacologue Marian E. Addy et ses collaborateurs de l'Université du Ghana ont été parmi les premiers à étudier la plante en laboratoire, pour comprendre ses usages traditionnels en Afrique de l'Ouest. Entre 1984 et 1990, ils ont publié une série d'études dans le Journal of Ethnopharmacology et le Canadian Journal of Physiology and Pharmacology, avec E. M. K. Awumey, W. K. Dzandu puis J. F. Burka. Ces travaux, menés chez le cobaye, montrent que des extraits et des fractions de la plante modifient la réponse du muscle lisse à l'histamine et à d'autres médiateurs.

L'identification d'une saponine active

En 1993, une équipe des laboratoires de recherche Merck, conduite par Owen B. McManus, a isolé de la plante une saponine, la déhydrosoyasaponine I, et décrit dans la revue Biochemistry son action sur une famille de canaux potassiques des cellules. C'est l'une des premières molécules de la plante dont le mécanisme d'action a été caractérisé.

Des effets étudiés chez le rongeur

En 1996, P. N'Gouemo, M. Baldy-Moulinier et C. Nguemby-Bina ont publié dans le Journal of Ethnopharmacology une étude sur les effets d'un extrait éthanolique de la plante sur le système nerveux central de la souris et du rat.

Composition et activité antioxydante

En 2011, F. N. Muanda et une équipe de chercheurs français ont analysé la composition des feuilles (polyphénols, flavonoïdes) et mesuré leur activité antioxydante sur des cellules, dans la revue Evidence-Based Complementary and Alternative Medicine.

Le foie : des résultats à lire avec précision

En 2013, Joanna Magielse, Nina Hermans, Luc Pieters et leurs collègues de l'Université d'Anvers ont publié dans le Journal of Ethnopharmacology l'une des études les plus rigoureuses sur le sujet. Ils ont isolé le D-pinitol d'une décoction de feuilles et de tiges, préparé une décoction dosée en D-pinitol, puis testé chez le rat son effet protecteur face à des substances toxiques pour le foie, avec la silymarine du chardon-Marie comme référence. Dans leurs conditions d'essai, ils n'ont pas observé d'effet significatif sur les enzymes du foie (ASAT et ALAT), seulement une tendance à une meilleure survie des animaux à l'une des doses testées. Les auteurs concluent que l'effet protecteur ne peut pas être démontré dans ces modèles. Ce résultat est important : il montre que la qualité et la composition de la préparation comptent, et que les données sur la plante restent à consolider.

La sécurité sur les cellules du foie et du rein

En 2015, Céline François, Mourad Fares, Claudio Baiocchi et Jean-Michel Maixent ont évalué la sécurité d'un extrait hydroalcoolique de Desmodium adscendens sur des cellules hépatiques (HepG2) et rénales (LLC-PK1), dans le Journal of Intercultural Ethnopharmacology. Les cellules ont toléré l'extrait aux concentrations usuelles ; des altérations n'apparaissent qu'à très forte concentration. L'étude a aussi exploré un effet protecteur face à un stress oxydatif induit sur les cellules rénales.

Une synthèse récente

En 2022, une revue publiée dans Food Frontiers par Maria Giulia Manzione, Raffaele Pezzani et une équipe internationale de treize chercheurs (universités de Padoue, Milan, Orléans et Lodz notamment) a rassemblé l'ensemble des données disponibles sur la plante : composition, usages traditionnels dans le monde, travaux sur cellules et chez l'animal, et premières données chez l'humain. Elle confirme la richesse de la plante en flavonoïdes et souligne le besoin d'études cliniques mieux construites.

Ce qu'il faut en retenir

Les travaux publiés justifient l'intérêt porté au Desmodium adscendens : composition riche et caractérisée, activité antioxydante, bonne tolérance cellulaire. Ils ne permettent pas pour autant de tirer de conclusion médicale, car aucun essai clinique de grande ampleur n'a été mené chez l'humain. C'est pourquoi le Desmodium est vendu comme complément alimentaire, avec l'allégation suivante, actuellement en cours d'évaluation au niveau européen :

Le Desmodium favorise le fonctionnement hépatique.

6. Bien choisir son Desmodium

Trois critères font la différence entre deux produits à base de Desmodium.

L'espèce. Le genre Desmodium compte de nombreuses espèces proches, et une plante récoltée sur le terrain n'est pas forcément du Desmodium adscendens. Seule une identification botanique rigoureuse, idéalement confirmée par analyse ADN, permet de le garantir.

L'origine et la pureté. Le foie est l'organe qui prend en charge les substances étrangères, dont les résidus de pesticides. Une plante destinée au foie doit donc en être exempte. La culture biologique et l'analyse de résidus sur chaque lot sont les deux garanties à rechercher.

La teneur en schaftosides. Une poudre de feuilles a une composition variable. Un extrait standardisé sur les schaftosides, constituants caractéristiques de la plante, garantit une teneur constante mesurée lot par lot.

7. Notre filière à Madagascar

En 2017, le Desmodium disponible sur le marché venait principalement d'Afrique continentale, et les lots que nous analysions ne répondaient pas à nos exigences : qualité insuffisante, absence d'origine biologique, contaminations aux pesticides. Nous avons donc cherché une autre origine.

Après plusieurs mois de recherches, un premier voyage à Madagascar a permis de rapporter des échantillons, qui se sont révélés ne pas être du Desmodium adscendens. La prospection a repris jusqu'à trouver la bonne plante, confirmée cette fois par analyse ADN. La filière s'est ensuite construite avec les producteurs : culture biologique, récolte à la main, séchage traditionnel, analyse de résidus de pesticides sur chaque lot. Les premiers lots ont été exportés fin 2017, et la filière fait vivre aujourd'hui plus de 1 000 familles malgaches.

La filière produit aujourd'hui plus de 10 tonnes de Desmodium adscendens bio par an, réparties sur plusieurs zones de collecte le long d'un axe nord-sud de plus de 500 kilomètres, dans le cadre d'une convention signée avec les autorités régionales. L'objectif est d'atteindre 40 tonnes par an.

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8. Plante, poudre ou extrait

Le Desmodium se trouve sous plusieurs formes. Les feuilles séchées se préparent en décoction, au goût marqué. La poudre de feuilles, en gélules, apporte la plante entière, avec une composition qui dépend du lot. L'extrait concentre les composés de la plante.

Depuis 2026, nous transformons le Desmodium de notre filière en Desmodéine®, un extrait breveté et certifié bio, standardisé à 5 % en schaftosides. 100 mg de Desmodéine® correspondent à 2,5 g de plante fraîche. La Desmodéine® est proposée seule, en trois dosages, et associée à d'autres plantes dans la gamme Desmodryl®.

9. De la récolte à la Desmodéine®

Chaque lot de Desmodéine® suit le même parcours. Le Desmodium est cultivé en agriculture biologique à Madagascar, récolté à la main, puis séché de façon traditionnelle, au soleil puis à l'abri. Les feuilles séchées sont mises en sacs et en balles, et chaque lot fait l'objet d'une analyse de résidus de pesticides avant d'être transformé.

La plante est ensuite confiée à des extracteurs spécialisés. Le procédé d'extraction, breveté, concentre les composés caractéristiques de la plante. Chaque lot d'extrait est standardisé à 5 % en schaftosides, ce qui garantit une teneur constante d'un lot à l'autre. L'extrait certifié bio entre enfin dans nos formules, fabriquées dans le respect des BPF.

10. Le Desmodium parmi les plantes du foie

La phytothérapie européenne associe traditionnellement plusieurs plantes au foie et à la digestion, chacune avec sa spécificité. Le chardon-Marie est la plus étudiée, grâce à la silymarine de ses fruits. L'artichaut et le romarin sont liés aux sucs digestifs, le radis noir est une plante de fin d'hiver, la fumeterre se prend en cure courte. Le Desmodium complète cet ensemble, et il est souvent associé à ces plantes dans une même formule, comme dans la gamme Desmodryl® ou le Duo Hépatique.

11. Précautions d'emploi

  • Respecter la dose journalière indiquée sur l'emballage.
  • Déconseillé aux femmes enceintes ou allaitantes et aux enfants, faute de données suffisantes.
  • En cas de traitement médicamenteux, demander l'avis d'un médecin ou d'un pharmacien : certaines plantes peuvent modifier la façon dont le foie transforme les médicaments.
  • En cas de trouble du foie ou des voies biliaires diagnostiqué, ne pas utiliser sans avis médical.
  • Un complément alimentaire ne se substitue pas à une alimentation variée et équilibrée ni à un mode de vie sain.

12. Questions fréquentes

Desmodium adscendens et Desmodium procumbens, est-ce la même plante ?

Oui, les deux noms désignent la même espèce dans la plupart des références botaniques. D'autres Desmodium, comme le Desmodium gangeticum, sont des espèces différentes.

Quelle partie de la plante est utilisée ?

Les feuilles et les parties aériennes, récoltées puis séchées.

Pourquoi un Desmodium bio ?

Parce que le foie prend en charge les résidus de pesticides. Une plante cultivée sans pesticides de synthèse et contrôlée lot par lot évite d'ajouter cette charge.

Combien de temps dure une cure ?

Les compléments à base de Desmodium se prennent généralement en cure de trois semaines à trois mois, selon le produit. La posologie figure sur chaque emballage.

Peut-on associer le Desmodium et le chardon-Marie ?

Oui, c'est une association fréquente en phytothérapie, que l'on retrouve dans plusieurs formules. Il suffit de respecter la dose journalière de chaque produit et de demander conseil en cas de traitement.

Quelle différence entre le Desmodium et la Desmodéine® ?

Le Desmodium est la plante. La Desmodéine® est l'extrait que nous en tirons, issu de notre filière et standardisé à 5 % en schaftosides.

Le Desmodium a-t-il fait l'objet d'études chez l'humain ?

Les études publiées portent sur des cellules et sur l'animal. Aucun essai clinique de grande ampleur n'a été mené chez l'humain à ce jour.

Où pousse le Desmodium de Flora Natura ?

À Madagascar, dans notre filière créée en 2017, cultivé en agriculture biologique par des familles de producteurs.

Découvrir la Desmodéine® et la gamme Desmodryl®

Références

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Contenu à visée informative, relu par l'équipe Flora Natura. Dernière mise à jour : octobre 2026.